Le 12 octobre dernier, la LUSS a participé à la réunion de la plate-forme patients-consommateurs qui s’est tenue au sein de l’Agence Fédérale des Médicaments et Produits de Santé (AFMPS). La plate-forme patients-consommateurs est une structure permettant aux représentants des patients et des consommateurs (la LUSS, la Vlaams Patientenplatform, le Collège Intermutualiste National et Test-Achats) d’établir l’ordre du jour en fonction de l’actualité ou de demandes particulières et offre ainsi la possibilité d’échanger/débattre avec l’AFMPS.

La LUSS y a ainsi défendu le cas d’une patiente qui, suite à l’implantation d’une prothèse de la hanche, souffre de métallose. La métallose est un phénomène anormal d’usure d’un implant, accompagné de débris métalliques imprégnant les tissus alentours.

L’AFMPS veille, dans l’intérêt de la santé publique, à la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments et des produits de santé en développement clinique et mis sur le marché. C’est donc bien à l’AFMPS que le citoyen belge peut notifier tout effet indésirable en lien avec sa médication ou un dispositif médical.

La LUSS a demandé, à ce propos, ce que l’agence faisait des plaintes concernant les prothèses: elle fait un « reporting », autrement dit une notification auprès de la firme! La firme, ensuite, est censée faire une enquête à ce sujet. Et c’est malheureusement tout! L’agence n’entame des procédures que suite à un nombre « significatif » de plaintes! Et, d’après elle, les dispositifs médicaux changent tellement vite, qu’il est impossible d’obtenir ce fameux nombre « significatif »! (Tous les 6 mois, la firme améliorerait un même dispositif…)

La LUSS a également appris que le problème de métallose sur prothèse est connu depuis 5 ans. Mais le dossier pour établir un lien de cause-à-effet est tellement complexe que l’AFMPS n’insiste pas davantage.

La LUSS a ainsi constaté avec beaucoup de regrets que nous sommes bien loin de la situation idéale en Belgique et au sein de l’agence des médicaments en ce qui concerne la prise en compte des effets indésirables des dispositifs médicaux et de la sécurité des patients. Des réflexions sont en cours au sein de la LUSS afin de remédier à cette situation.